La prolepse, comme la syllepse a deux significations (étonnant, non ?) :

Exemples rhétoriques :

Et d’ailleurs, qui peut me citer le moindre événement digne d’intérêt en 1749 ? Le pourrait-on malgré tout – j’en doute – ce dernier ne serait-il pas éclipsé par le soleil étincelant de la déclaration des droits de l’homme ?

Bien sûr le temps qui va trop vite, / Ces métros remplis de noyés, / La vérité qui nous évite, / Mais, mais voir un ami pleurer.

On peut également considérer comme prolepse rhétorique, le fait de faire les questions et les réponses, comme dans ce texte de Platon :

- Dilemme : faut-il exploiter l'agréable en vue du bien, ou le bien en vue de l'agréable ? - L'agréable, en vue du bien. - L'agréable est-il la qualité dont l'assistance procure de l'agrément, et le bien, celle dont la présence nous rend les êtres bons ? - Sans aucun doute...

Exemples littéraires :

 

 

Afin d’agrémenter un peu cet exposé, par ailleurs assez ennuyeux, j’ai décidé de mesurer la fréquence et le sens des prolepses dans huit romans français contemporains, parmi les préférés des français (sondage réalisé en octobre 2004 par la Sofres pour le magasine Lire, la SNCF et la Société des compteurs à gaz) :

1 - Le grand Meaulnes d'Alain-Fournier

2 - La peste d'Albert Camus

3 - L'écume des jours de Boris Vian

4 - Vipère au poing d'Hervé Bazin

5 - Belle du seigneur d'Albert Cohen

6 - Le lion de Joseph Kessel

7 – Regain de Jean Giono

8 - Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline

 

Après lecture attentive et comptage des prolepses tant rhétoriques que littéraires, je me suis retrouvé à la tête d'un ensemble de données brutes. Afin de les représenter graphiquement, j’ai choisi la technique, issue des nuages de points, appelée les nuages de carrés. L’intérêt de cette technique est qu’elle introduit une nouvelle dimension, puisque les carrés peuvent avoir une variabilité de leur niveau de gris. Variabilité supplémentaire bien utile ici.

Les variables sont les suivantes :

Pour des raisons de lisibilité, le nombre de chapitres de chaque roman, ainsi que les quantités de prolepses, ont été ramenées à un indice unique ce qui permet de superposer les graphiques. Bien que j’utilise le terme " superposition ", il s’agit plutôt d’un glissement progressif qui permet de voir chaque graphique, et l’ensemble en même temps. Technique un peu complexe au niveau mathématique (je remercie au passage Georges B. responsable des calculs)

Bref, voici les graphiques, un par un, chaque graphique intégrant le précédent.

 

 

Roman n°1 :

 

 

Romans n°1 et 2 :

 

 

Romans n°1, 2 et 3 :

 

 

Romans n°1, 2, 3 et 4 :

 

 

Romans n° 1, 2, 3, 4 et 5 :

 

 

Romans n° 1, 2, 3, 4, 5 et 6 :

 

 

Romans n° 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 :

 

 

Les huit romans :

 

Et l’on constate, étrangement, que ce dernier nuage de carrés, fait penser, un peu, à un président en exercice. Il lui fait écho, en quelque sorte. Est-ce le hasard ?

 

???

???

???

???

Pour en avoir le cœur net, j'ai demandé à Georges B. d'affiner et d'approfondir ses calculs pour obtenir une meilleure précision. Il a utilisé, m'a t'il dit, la technique du "trublion à lunettes", technique qu'il a inventée pour l'occasion, et le résultat est l'animation suivante :

ATTENTION, gros fichier !

LA PREUVE (764 K) !

LA PREUVE (2,7 M) !