Lecture (des conseils de)

Un jeune écrivain américain à succès, mais en panne d'inspiration, part dans le New Hampshire tenter d'établir l'innocence de Harry Quebert, son mentor. Légende des lettres américaines, ce dernier est accusé d'avoir assassiné vingt-cinq ans plus tôt sa (trop) jeune maîtresse... Argument de polar ? Oui, bien sûr. Et La Vérité sur l'affaire Harry Quebert en est d'abord un, dont les six cent soixante-dix pages, écrites dans un style simple et clair, se dévorent comme les gros thrillers judiciaires de Scott Turow.

Mais il n'est pas que cela : Joël Dicker, jeune auteur suisse révélé en début d'année par un thriller historique, Les Derniers Jours de nos pères, réussit en plus à glisser des notations habiles sur les Etats-Unis, sur sa littérature, son côté parfois fabriqué et ses compromissions. L'intrigue se resserre vite sur les rapports entre le héros et son maître, et met en son centre l'idée de transmission et celle de la fabrique du talent. Il n'est pas exclu que, preuves à l'appui, Dicker ait aussi réussi à répondre à une des questions de son roman : comment écrit-on un (bon) livre à succès ? En tout cas, voici le sien sélectionné sur la première liste des jurés Goncourt.


Hubert Prolongeau - Télérama n° 3271


A reçu en 2012 le Grand prix du roman de l'Académie française et le prix Goncourt des lycéens

 

Conseillé par Laurence
 
   

 

Cinq textes de Pierre LOTI réunis dans un petit livre : "L'Ile de Pâques", "Une relâche de trois heures", "Mahé des Indes", "Obock", "En passant à Mascate".
 


 

 

Conseillé par Anne-Marie
 
   

 

Gabriel, un homme énigmatique au passé douloureux, échoue dans une ville isolée de Bretagne. Il s'installe à l'hôtel et tisse des liens avec les habitants : une réceptionniste d'hôtel, un couple de junkies et José, le patron du bar local. Gabriel offre son temps à ceux et celles qui viennent à lui, sans se méfier des secrets qu'il dissimule. Que fuit cet homme, hanté par de sinistres souvenirs ?


Biographie de l'auteur
Né en 1949, Pascal Garnier est l'auteur de nombreux romans noirs et de livres de jeunesse. Il a obtenu le prix du festival Polar pour son livre
Personne n'est à l'abri du succès (2001) et le Grand Prix de l'Humour noir pour Flux (2006). Il est mort en 2010.

 

Conseillé par Lili
 
   

 

Comme souvent au début des histoires il y a une femme sur un quai de gare au petit matin. Mise élégante, talons hauts, gants de cuir, elle dénote parmi des passagers apeurés qui n’osent croire que la guerre est finie. Isabel fait partie du clan des vainqueurs et n’a rien à redouter de ces phalangistes arrogants qui arpentent la gare de Mérida en ce rude hiver 1941. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l’aîné, qu’elle s’apprête à abandonner, les raisons de sa fuite. Le train de 4 heures en direction de Lisbonne partira sans elle. L’enfant rentrera seul chez son père, appâté par le sabre de samouraï de ses rêves qu’un homme vient de lui promettre. Isabel disparaît pour toujours. Quarante ans plus tard une autre femme a commis un meurtre et doit comparaître devant la justice des hommes mais pour cette brillante avocate, cela n’a guère d’importance. Elle est atteinte d’une tumeur cérébrale et c’est à sa mémoire qu’elle doit des comptes. Au cours d’un procès mémorable, quelque temps auparavant, elle a réussi à faire condamner un policier véreux, ouvrant sans le savoir la boîte de Pandore. Elle a été manipulée en raison d’une tragédie ancienne dont elle ignore tout. Les rejetons d’une famille maudite cherchent à lui faire payer quatre décennies de vengeance et de haine. Des premières années de l’après-guerre à la tentative de coup d’état de février 1981, après un détour par les steppes de Stalingrad, la saga familiale est lourde de complots, d’enlèvements, de trahisons. Sous un léger vernis de démocrates, les ex-phalangistes continuent de tirer les ficelles. Les personnages et les situations se répondent, marquant trois générations au fer rouge. Les carences affectives ont transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel. La Tristesse du Samouraï est un étonnant roman policier qui se joue à merveille de l’opacité d’un contexte historique et un intense thriller psychologique qui mène les personnages aux limites de leurs forces pour sauver l’honneur de la lignée. Enorme succès en Espagne, il est en cours de traduction dans plusieurs langues.

 

Conseillé par Lili
 
   

 

Sylvain Tesson, pour rassasier son besoin de liberté, a trouvé une solution radicale et vieille comme les expériences des ermites de la vieille Russie : s’enfermer seul dans une cabane en pleine taïga sibérienne, sur les bords du Baïkal, pendant six mois. De février à juillet 2010, il a choisi de faire l’expérience du silence, de la solitude, et du froid. Sa cabane, construite par des géologues soviétiques dans les années brejnéviennes, est un cube de rondins de trois mètres sur trois, chauffé par un poêle en fonte, à six jours de marche du premier village et à des centaines de kilomètres d’une piste. Vivre isolé du monde nécessite avant tout de s’imposer un rythme. Le matin, Sylvain Tesson lit, écrit, fume, ou dessine. Puis ce sont cinq longues heures consacrées à la vie domestique : il faut couper le bois, déblayer la neige, préparer les lignes de pêche, réparer les avanies de l’hiver… Le défi de six mois d’ermitage, c’est de savoir si l’on réussira à se supporter. En cas de dégoût de soi, nulle épaule où s’appuyer, nul visage pour se lustrer les yeux. L’inspecteur forestier
Chabourov qui l’a déposé sur cette grève le premier jour le savait. Il lui a glissé, énigmatique, en se touchant la tempe : « Ici, c’est un magnifique endroit pour se suicider ». La solitude finira par se révéler fertile : quand on n’a personne à qui exposer ses pensées, la feuille de papier est un confident précieux ; le carnet de note, un compagnon poli. C’est ce journal que nous offre à lire Sylvain Tesson. En notant minutieusement, presque quotidiennement, ses impressions face au silence, ses luttes pour survivre dans une nature hostile, ses désespoirs, ses doutes, mais aussi, ses moments d’extase, de paix intérieure et d’osmose avec la nature, Sylvain Tesson nous fait partager une expérience hors du commun. Finalement « la vie en cabane apprend à peupler l’instant, à ne rien attendre de l’avenir et à accepter ce qui advient comme une fête. Le génie du lieu aide à apprivoiser le temps ». Une expérience comme seule la littérature peut la ressaisir afin qu’elle ne soit pas seulement une aventure isolée, mais une aventure exceptionnelle à la portée de tous.

 

Conseillé par Lili
 
   

 

Dino Egger, ce nom n’évoque rien pour personne et c’est bien regrettable. C’est aussi parfaitement compréhensible, puisque Dino Egger n’a jamais existé. Il aurait pourtant accompli de grandes choses, s’il faut en croire Albert Moindre dont le nom ne vous dira rien non plus. Pas étonnant, Albert Moindre est un homme modeste, sans éclat. Tandis que Dino Egger devait marquer le monde de son empreinte, ouvrir des perspectives nouvelles, inventer l’harmonie. Pourquoi n’a-t-il pas vu le jour, en dépit de ces excellentes dispositions ? Quelle eût été son oeuvre ? Ne peut-on espérer encore et malgré tout le miracle de son apparition ? Albert Moindre se fait fort de répondre à toutes ces questions.

 

 

 

Conseillé par Lili
 
   

 

Les décideurs européens ont-ils appris quelque chose de la crise provoquée par les dérives de l'industrie financière ? On peut en douter. Pour résorber les déficits provoqués par le sauvetage des banques et la récession, la Commission européenne et les gouvernements appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes d'ajustement qui ont dans le passé démontré leur capacité à accroître l'instabilité économique et les inégalités sociales. Ces politiques de soumission au pouvoir de la finance mettent en danger l'avenir du projet européen. Atterrés par ce constat, nous avons pris l'initiative d'écrire ce manifeste. Il dénonce dix fausses évidences, mal fondées scientifiquement, qui servent à justifier les politiques actuellement menées en Europe. Il soumet au débat vingt-deux propositions pour une autre stratégie. Initialement adressé à la communauté des économistes, et plus de sept cents d'entre eux, issus comme nous d'horizons théoriques très divers, l'ont signé, ce manifeste est surtout destiné à nos concitoyens. Le décalage est aujourd'hui patent entre les affirmations péremptoires des " experts " et la fragilité de leurs diagnostics. Nous souhaitons aider les citoyens à mettre des mots et des concepts sur leurs doutes, et les conforter dans l'idée que d'autres choix peuvent être mis en débat.

Philippe Askenazy (CNRS), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d'Attac), André Orléan (CNRS, EHESS), Henri Sterdyniak (OFCE).

 

Conseillé par François
 
   

 

Ce récit, écrit à la première personne, raconte la lente maladie du père de l'auteur âgé de quatre-vingt-six ans, sa lutte obstinée pour vaincre la tumeur au cerveau qui finira par l'emporter. Dans ce combat contre le drame de la vieillesse, le fils guide et assiste le père jusqu'à s'identifier à lui. Patrimoine est une histoire vraie (comme le précise le sous-titre) dont Herman, le père, plus encore que le fils, est le barde. Une histoire cruelle et émouvante, que l'intégrité d'Herman, son refus de l'héroïque et de l'édifiant préservent pourtant de la complaisance et du sentimentalisme. Un récit qui proclame l'infinie complexité et la permanence de la vie, la nécessité de se souvenir, de ne rien oublier, car " être vivant, c'est être fait de mémoire. Si un homme n'est pas fait de mémoire, il n'est fait de rien ". Une élégie d'horreur et de compassion, mais aussi d'amour.

 

 

Conseillé par Anne-Marie
 
   

 

« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

 

 

Conseillé par Joan
 
   

 

Le ton est donné dès les premières lignes de cette lettre adressée à Georges Séféris, poète, prix Nobel de littérature en 1963 et ami de Miller. Nous sommes en novembre 1939. Henry Miller a fui Paris pour la Grèce, persuadé qu'elle appartient encore aux dieux de l'Olympe. Il est immédiatement sous le charme et son récit, riche de cet émerveillement, a la spontanéité et le bonheur de la verve millérienne. Le voyage peut commencer !

 

 

 

 

Conseillé par Anne-Marie
 
   

 

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.

 

Conseillé par Anna
Françoise

 
   

 

"Au départ, je suis tombé. Pas en disgrâce. Ni vaincu par la fin foudroyante, inéluctable, de l'amour. Ça, c'est venu après. Au départ, j'ai simplement fait une chute sur un sentier verglacé. J'ai trébuché, j'ai oscillé, vacillé et je suis tombé. Il n'y a pas de honte à tomber. Tout le monde tombe. Mais j'ai découvert qu'il était plus difficile de se relever que je ne me l'étais imaginé, sur ce petit chemin gelé d'Oxford, voilà bien longtemps.". James Stieff est admis dans la prestigieuse université d'Oxford. Il y rencontre Franny, Simon, Jessica, tout un groupe d'amis qui s'installe dans la maison du séduisant (et manipulateur) Mark Winters. Mauvais genre raconte les premières amours, les soirées inoubliables, mais aussi le désenchantement et les bouleversements intimes de cet âge de déraison qu'est la jeunesse. Avec un talent hors du commun, Naomi Alderman révèle la perversité cachée derrière les façades impeccables d'Oxford, ce monde faussement exemplaire qui prépare à tout sauf à la réalité. 

 

 

 

Conseillé par Sylvette
 
   

 

«Car il a bien fallu que je me débrouille avec cette mystérieuse incohérence : toi la bonne fille, la petite sainte, tu n'as pas été sauvée, moi le démon j'étais vivante. Plus que vivante, miraculée. Il fallait donc que tu meures à six ans pour que je vienne au monde et que je sois sauvée.»
 

 

 

 

 

 

Conseillé par François
 
   

 

Imaginez…

Vous êtes en vacances à Bali et peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où…

Son diagnostic est formel : vous êtes en bonne santé, mais vous n'êtes pas… heureux.

Porteur d'une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L'éclairage très particulier qu'il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l'aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi. Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d'une existence à la hauteur de vos rêves.

 

 

 

 

Conseillé par Laurence G.
 
   

 

Le commissaire Gradenne prend froid dans l’hiver du Jura. A la manière de Maigret, enquête « grippée », gendarmes trop « pressés » comme ce corps broyé par la machine…
Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d’une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts !
Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d’un Poulsard… ? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d’âge sans beaucoup d’affinage à la PJ, mais avec du… nez, avisé et goûteux !

 

 

 

Conseillé par Françoise
 
   

 

A travers la vie d'un seul quartier et de son petit peuple de cour des miracles habité par des personnages venus de tous horizons - les deux tailleurs, Ishvar et Omprakash, des "intouchables", Dina Dalal, la jeune veuve qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile, Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour suivre des études, Shankar, le cul-de-jatte exploité par le Maître des mendiants..., Rohinton Mistry réussit une fresque bigarrée et sensible qui est tout à la fois une parabole de la condition humaine et l'odyssée d'une nation.
Révélation de la littérature anglo-indienne en plein essor, consacré par le succès et la critique internationale, Rohinton Mistry démontre un talent romanesque digne d'un Dickens ou d'un Hugo. Scènes de tendresse, épisodes d'une drôlerie pathétique, séquences de violences et d'horreurs, problèmes politiques en arrière-plan :
L'Equilibre du monde est bien plus qu'une fiction, il est un monde à lui seul. Un roman-fleuve charriant dans ses remous tout un flot de sentiments, d'émerveillements et de révoltes, une immense saga aux vertus stimulantes et magiques.

 

 

 

Conseillé par Adèle
 
   

 

J'ai fait un art selon moi. Je l'ai fait avec les yeux ouverts sur les merveilles du monde visible, et, quoi qu'on en ait pu dire, avec le souci constant d'obéir aux lois du naturel et de la vie.
Je l'ai fait aussi avec l'amour de quelques maîtres qui m'ont induit au culte de la beauté. L'art est la Portée Suprême, haute, salutaire et sacrée ; il fait éclore ; il ne produit chez le dilettante que la délectation seule et délicieuse, mais chez l'artiste, avec tourment, il fait le grain nouveau pour la semence nouvelle. Je crois avoir cédé docilement aux lois secrètes qui m'ont conduit à façonner tant bien que mal, comme j'ai pu et selon mon rêve, des choses où je me suis mis tout entier. Si cet art est venu à l'encontre de l'art des autres (ce que je ne crois pas), il m'a fait cependant un public que le temps maintient, et jusqu'à des amitiés de qualité et de bienfait qui me sont douces et me récompensent.
Les notes que je formule ici aideront plus à la compréhension de cet art que tout ce que je pourrais dire de mes concepts et de ma technique. L'art participe aussi des événements de la vie. Ceci sera la seule excuse de parler uniquement de moi.
Odilon Redon

S'il n'avait pas été ce peintre du mystère, du rêve et des analogies révélatrices, il faudrait certainement compter Odilon Redon au nombre des meilleurs écrivains symbolistes voire des meilleurs écrivains tout court.

 

Conseillé par Danielle Saban
 
   

 

Frère François naît à la fin du XIIe siècle dans une Italie divisée par les guerres, entre les murs d'une petite cité moyenâgeuse : Assise.
Il grandit quelques années avant la troisième croisade, à une époque, qui, écrit Julien Green, hésite "entre heurs et malheur", comme si elle "attendait la venue de quelqu'un". Il connaît l'oisiveté et les plaisirs des jeunes gens riches de son temps. Il rêve de connaître le monde, de devenir grand prince, chevalier. Mais quelqu'un est caché, qui l'attend. Quelqu'un qui ne connaît ni armes, ni titres, ni orgueil : Dieu.
Ce livre est la synthèse de tout ce qu'on sait sur la vie de François d'Assise.

 

 

Conseillé par Danielle Saban
 
   

 

Que la Beauté puisse exister et le jeune moine s'en trouverait irrémédiablement exclu. Mais la soudaine et commune fragilité qui l'unit au Pavillon d'Or, alors que retentit au loin le bruit des bombes, scelle son destin au temple sacré. La quête de cette ultime communion, en commettant l'irréparable, constitue sa secrète destinée. Bègue et sans beauté, il est en apparence réservé et taciturne ; le mal et la laideur sont les hôtes de son âme. Le pendant de sa souffrance physique est un ego démesuré et tyrannique qui le pousse à croire à sa mission tragique et exemplaire : atteindre le "cœur même du mal" et anéantir le sacré d'entre les sacrés par un acte de "pure abolition".
L'incendie du
Pavillon d'Or en juillet 1950 anéantissait un trésor national. En explorant les méandres psychologiques du jeune Mizoguchi, Yukio Mishima établit le mobile d'un crime qui ébranla le Japon. En arrière-plan, l'auteur livre sa vision philosophique du Beau absolu. (Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot)

 

 

Conseillé par Danielle Saban
 
   

 

"... Son œuvre la plus importante est la Trilogie du Caire, commencée en 1950.
Dans cet ensemble de plus de mille cinq cents pages, chaque roman porte le nom des rues où Mahfouz a passé sa jeunesse : Impasse des deux palais, Le Palais du désir, Le Jardin du passé. Il y décrit la vie d'un patriarche et de sa famille au Caire pendant une période qui va de la Première Guerre mondiale jusqu'au renversement du roi Farouk.
Par le nombre de ses personnages et la richesse de l'étude sociale, Mahfouz rappelle des prédécesseurs dans le genre romanesque : Balzac, Dickens, Tolstoï, Galsworthy... "

(extrait de Wikipedia)

 

 

Conseillé par Arnold
 
   

 

Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Ming, c'était la seule chose qu'ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d'ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker. Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi: on ne parle jamais à l'extérieur de ce qui se passe à la maison. À la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.

 

 

Conseillé par Colette
 
   

 

Pour la énième fois, Elsa, mère de famille, 4 enfants, regarde le DVD de Chaînes conjugales, le classique de Mankiewicz. La veille, son mari l'a prévenue qu'il ne rentrerait pas dans une maison où sa femme regardait en boucle depuis trois mois le même film. L'histoire de 3 amies qui en attendent une 4ème. A l'instant d'embarquer pour une croisière, elles reçoivent de la retardataire, une lettre qui gâchera leur journée. Cette dernière les informe malicieusement qu'elle quitte la ville avec le mari de l'une d entre elles, les projetant pour plusieurs heures dans l'angoisse, les soupçons, la jalousie...
Elsa regarde le film avec deux de ses aînés dont les réparties fusent, corroborant ses appréhensions les plus intimes. Les héroïnes du film lui tendent un miroir, véritable révélateur de sa situation conjugale, dans lequel elle se projette. Elle finit par céder aux larmes, à l'apitoiement, puis au désir de reconquête de ce mari qui ne revient toujours pas...
Comment un film peut être le révélateur d'une situation conjugale, comment peut-on arriver à analyser sa situation à travers une fiction, comprendre que l'amour ne se vit pas à travers les autres mais dans la réalité ? Amour, désamour, non-dits, malentendus, lassitude, désir, peur de la solitude... Alice Ferney explore avec beaucoup d'intelligence, de sensibilité et de subtilité les variations du sentiment amoureux dans le couple, comment s'inventer le pire pour renaître à l amour.

 

Conseillé par Sylvette
Fabienne
   

 

Le commentaire d'Adèle :

A l'origine  de ce livre, dire le désastre absolu qui a frappé le peuple juif d' Europe.
Rachel Ertel : " Il est possible que la seule langue dans laquelle quoi que ce soit d'intelligible, quoi que ce soit de responsable concernant la Shoah puisse tenter de se dire, soit l'allemand [...] du dedans de la langue de mort elle-même " écrit Georges Steiner.
Mais qu'est-ce que "la langue de mort" ? Celle dans laquelle on tue, celle dans laquelle on meurt - elles ont été innombrables - ou la langue assassinée de ce peuple juif irrémédiablement manquante et dont il reste pour nous le testament à déchiffrer. Testament dans tous les sens du terme. Un legs d'abord, constitué par toutes les voix qui ont tenté de dire l'inconcevable. Un témoignage enfin, sur ce royaume de la mort, sur cette humanité sans visage - "ce n'était pas une humanité" - ou peut être son stade ultime. "
On évoque souvent l'idée émise par Théodor Adorno " Nul poème n'est possible après Auschwitz ". Pourtant, c'est essentiellement par la poésie que les victimes, les rescapés et les survivants du yiddishland ont répondu à l'extermination nazie. Rachel Ertel a rassemblé des textes venus de poètes yiddish, textes appelés à disparaître (?) tant la langue a été frappée à mort.
Les poètes juifs captent des fragments, des éclats de vérité. Ils sont soumis à un double impératif : l'impossibilité d'exprimer l'indicible qui se confond avec l'obligation de témoigner. Au ghetto, dans les camps, avant la mort dans les chambres à gaz, on écrit dans l'urgence. S'arrachant au mutisme, une poétique du cri perce le silence du monde, sa surdité et sa cécité, pour l'obliger à entendre, à voir. Rachel Ertel nous restitue les voix d'une poésie de l'anéantissement : à notre tour, nous devenons " le témoin du témoin ".Après une étude de poètes yiddish, la dernière partie du livre nous offre un choix de poèmes traduits.
La traduction : là se pose une interrogation. Pour restituer la parole qui ne serait plus de Personne, une édition bilingue de ces textes me paraît indispensable.
"A l'origine de ce livre, la parole qui tente de dire cet anéantissement dans la langue même de ce peuple à jamais disparu." écrit Rachel Ertel.
J'aurais aimé entendre une voix me dire ces poèmes dans la langue même qu'ils ont été écrits. Alors cette langue ne serait peut être plus une langue qui meurt...

Dieu de miséricorde
choisis un autre peuple
pour le moment.
Nous sommes las de mourir d'être morts,
nous n'avons plus de prières,
choisis un autre peuple
pour le moment nous n'avons plus de sang
à offrir en sacrifice.
Désert est devenu notre demeure.
La terre est trop petite pour contenir nos tombes,
il n'y a plus de Lamentations,
il n'y a plus de plaintes pour nous
dans tes vieux livres.

Kadiè Moldowski

Conseillé par Adèle
 
   

 

Que savons-nous de nos "proches"? Lorsque Olga, malade, coupe brusquement toute communication avec son entourage, ne parle plus, ne regarde plus, ce sont ses filles qui ouvrent les yeux - sur ce qui les sépare. Dans cette famille en apparence si unie, chacune des quatre sœurs a, en effet, sa propre vision de la mort et sa propre vision de la mère. Les voilà renvoyées à leur enfance et confrontées à cette vérité : dans une famille, personne n'a eu la même mère.
Parce que Olga, silencieuse, les yeux fermés, est en train de s'effacer, chaque fille découvre sur "le clan", un clan étrangement matriarcal, ce qu'elle ne savait pas ou n'avait pas voulu savoir - petits secrets qui recomposent peu à peu un puzzle géant dont aucune, jusque-là, n'avait détenu toutes les pièces.

 

 

Conseillé par Laurence G.
 
   

 

Qui a tué Wellington, le grand caniche noir de Mme Shears, la voisine ? Christopher Boone, " quinze ans, trois mois et deux jours ", décide de mener l'enquête. Christopher aime les listes, les plans, la vérité. Il comprend les mathématiques et la théorie de la relativité. Mais Christopher ne s'est jamais aventuré plus loin que le bout de la rue. Il ne supporte pas qu'on le touche, et trouve les autres êtres humains... déconcertants. Quand son père lui demande d'arrêter ses investigations, Christopher refuse d'obéir. Au risque de bouleverser le délicat équilibre de l'univers qu'il s'est construit...

 

 

Conseillé par Sylvette
 
   

 

Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

 

Conseillé par Adèle
Françoise
François
 
   

 

Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses [...] »

 

 

Conseillé par François
 
   

 

Ils ont été appelés en Algérie au moment des " événements ", en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

 

 

Conseillé par François
 
   

 

En chinant aux Puces de Clignancourt, le narrateur ou la narratrice, on ne sait pas au juste, acquiert une caisse de films de famille datant des années 50. Il y découvre alors Aurore, une jeune fille issue d’une famille bourgeoise, filmée par son père puis par son fiancé jusqu’à ses trente ans. L’étonnement survient quand, aux images de la jeune fille se superposent les rêveries et l’histoire d’A., jeune télépathe. Le mystère s’avère d’autant plus troublant que le doute grandit quant à l’assimilation de l’identité des deux personnages : A. et Aurore...

 

Conseillé par François
 
   

 

- Qu'est-ce qu'il a en lui, papa ? Demandai-je
- Un peu de blanc, un peu de rouge et un peu de noir.
- Indien, blanc et nègre ?
- Oui.
- Alors qu'est-ce que je suis ?
- Quand tu seras grand, on dira de toi que tu es un homme de couleur, répondit-elle. Ensuite, se tournant vers moi avec un sourire moqueur, elle demanda :
- Vous n'y voyez pas d'inconvénient, Monsieur Wright ?

 

Conseillé par Anna
 
   

 

 

Envoyer un conseil de lecture par mail à francois@spannente.fr

 





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